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vendredi 18 décembre 2015

Le Revenant

Le fantôme dans le poème n’est pas comment tout le fantôme bienveillant dans le cinéma. Il était vindicatif et insidieux. C’est un poème pour ceux qui aiment l’horreur.

Le Revenant
Charles Baudelaire

Comme les anges à l'oeil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit;
Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour d'une fosse rampant.
Quand viendra le matin livide,
Tu trouveras ma place vide,
Où jusqu'au soir il fera froid.
Comme d'autres par la tendresse,
Sur ta vie et sur ta jeunesse,


Moi, je veux régner par l'effroi.

Ritournelle

J’adore l’imagerie utilisée par Coppée ! Je peux voire les papillons d’or, écoute les flots parleurs, et sent les choses parfumées. Mon strophe préférée est le dernier dans lequel il dit « Tu seras plus belle, et moi plus aimant. »


Ritournelle
François Coppée

Dans la plaine blonde et sous les allées,
Pour mieux faire accueil au doux messidor,
Nous irons chasser les choses ailées,
Moi, la strophe, et toi, les papillons d'or.

Et nous choisirons les routes tentantes,
Sous les saules gris et près des roseaux,
Pour mieux écouter les choses chantantes,
Moi, le rythme, et toi, le choeur des oiseaux.

Suivant tous les deux les rives charmées
Que le fleuve bat de ses flots parleurs,
Nous vous trouverons, choses parfumées,
Moi, glanant des vers, toi, cueillant des fleurs.

Et l'amour, servant notre fantaisie,
Fera, ce jour-là, l'été plus charmant :
Je serai poète, et toi poésie ;


Tu seras plus belle, et moi plus aimant.

Les Chats

J’inclus ce poème pour tous les gens qui aiment les chats. Baudelaire a écrit ce poème plus de cent ans et les chats sont toujours triâtes comme des rois.

Les chats
Charles Baudelaire
Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres ;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,


Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Les Yeux


Quand je lis les premières strophes de ce poème, je pensais qu’il était heureux. Hélas, il n’est pas heureux mais si est belle et profonde. Le sujet est les yeux, mais aussi la vie que réside dans les yeux. Les yeux ont vu les belles choses mais les nuits sont plus douces. Comme les étoiles, ils brillent mais contrairement à eux, ils ne sont pas éteints. Ils voient tout simplement quelque chose que nous ne pouvons pas. 

Les Yeux
De Sully Prudhomme
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux,
Et le soleil se lève encore.
Les nuits plus douces que les jours,
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours,
Et les yeux se sont remplis d'ombre.
Oh ! qu'ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n'est pas possible
Ils se sont tournés quelque part,
Vers ce qu'on nomme l'invisible.
Et comme les astres penchants
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent :
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux
Les yeux qu'on ferme voient encore.

dimanche 25 octobre 2015

Les Bruits de Nuit

Le deuxième poème pour Jacques Prévert est Les Bruits de la Nuit. Dans Les Bruits de la Nuit, M. Prévert a contemple un sujet sombre. La fille couvre ses oreilles aux péchés dans la nuit mais le narrateur entendre tout.


Les Bruits de la Nuit

Jacques Prévert

Vous dormez sur vos deux oreilles 
Comme on dit 
Moi je me promène et le veille dans la nuit 
Je vois des ombres j'entends des cris 
Drôles de cris 
Vous dormez sur vos deux oreilles 
Comme on dit 

C'est un chien qui hurle à la mort 
C'est un chat qui miaule à l'amour 
Un ivrogne perdu dans un corridor 
Un fou sur son toit qui joue du tambour 
J'entends aussi le rire d'une fille 
Qui pour satisfaire le client 
Simule la joie simule le plaisir 
Et sur le lit se renverse en hurlant 
Vous dormez sur vos deux oreilles 
Comme on dit 

Mais soudain le client prend peur 
Dans la nuit il crie comme chez le dentiste 
Mais c'est beaucoup plus sinistre 
De dessous le lit un homme est sorti 
Et tout doucement s'approche de lui 
Vous dormez sur vos deux oreilles 
Comme on dit 

Et le client tourne de l'œil dans la nuit 
Pauvre homme qu'un autre homme assomme 
Pour une petite question d'argent 
Pour une misérable petite somme 
Peut-être quatre cinq ou six cents francs 
Vous dormez sur vos deux oreilles 
Comme on dit 

Et le client tourne de l'œil dans la nuit 
Demain sa famille prendra de deuil 
C'est tout cuit 
Vous dormez sur vos deux oreilles 
Bonne nuit


Je pense que ce poème est trop pour ma compréhension mais je peux toujours entendre assez. La femme dans son lit escape la nuit, mais la fille de la nuit n'a pas ce luxe. Toute dans la nuit est malveillant et même l'homme qui est parti de cette noire ne peut échapper le danger. M. Prévert écrive tristement, mais sans juger les personnes. Il sait que le monde est dur. Un endroit où les personnes tuent pour « une misérable petite somme » et que la parfois on doit devenir un monstre pour survivre. 

Déjeuner du Matin

Pour cette semaine, j'ai décidé d’analyser deux poèmes de Jacques Prévert. La première est "Déjeuner du matin" et le deuxième est "Les bruits de nuit". Les deux sont similaires en ce qu'ils ont été écrits avec des mots et syntaxe simple pour évoquer des émotions et des pensées graves. Le premier poème :


Déjeuner du Matin

Jacques Prévert

Il a mis le café 
Dans la tasse 
Il a mis le lait 
Dans la tasse de café 
Il a mis le sucre 
Dans le café au lait 
Avec la petite cuiller 
Il a tourné 
Il a bu le café au lait 
Et il a reposé la tasse 
Sans me parler 
Il a allumé 
Une cigarette 
Il a fait des ronds 
Avec la fumée 
Il a mis les cendres 
Dans le cendrier 
Sans me parler 
Sans me regarder 
Il s'est levé 
Il a mis 
Son chapeau sur sa tête 
Il a mis 
Son manteau de pluie 
Parce qu'il pleuvait 
Et il est parti 
Sous la pluie 
Sans une parole 
Sans me regarder 
Et moi j'ai pris 
Ma tête dans ma main 
Et j'ai pleuré.



Dans ce poème, M. Prévert a fait de nous des intrus dans un petit courant drame. La qualité quotidienne n'enlève pas le chagrin de la scène, mais en plutôt, il aide le public identifier au personnage. Tout le monde a eu cette expérience et le désespoir dans le poème est vraiment palpable. 




Il Pleur Dans Mon Coeur

Un autre poème de Paul Verlaine est Il Pleure dans Mon Cœur. Je ne sais pas pourquoi tous les poèmes que je choisis sont sombres et tristes, mais après ce poème, je vais essayer de trouver poèmes plus heureux. Ce poème, à mon avis, est sur la dépression. 

Il pleure dans mon coeur


Paul Verlaine

Il pleure dans mon coeur

Comme il pleut sur la ville.
Quelle est cette langueur
Qui pénêtre mon coeur ?

O bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s’ennuie,
O le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s’écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?
Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon coeur a tant de peine.

Le cœur du narrateur pleure sans raison. Il est triste, souffrant et pourtant, il n'y a pas raison. J'aime comment M. Verlaine utilise son art pour exprimer le qu'il sent. Je suis étudiant en psychologie et il est clair que le narrateur est déprime. La manière dont Verlaine décrit le cœur « sans amour » et « sans haine »  sonne vrai. Une dépression soudaine peut sentir comme un cœur ou cerveau qui a tout oublié, mais la douleur.